fr gb

Définition et épidémiologie

Extrait du VADE-MECUM, Professeur Gérard Socié 

Une maladie rare, acquise, clonale et chronique

L’Hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN), ou maladie de Marchiafava-Micheli, est une maladie liée à l’expansion clonale d’une ou de plusieurs cellule(s) souche(s) hématopoïétique(s) ayant acquis une mutation somatique du gène PIG-A (Phosphatidylinositol Glycane de classe A)1, 2.

Situé sur le chromosome X, ce gène est impliqué dans la synthèse du Glycosylphosphatidyli­no­sitol (GPI). Le GPI sert d’ancre à de nombreuses protéines membranaires, dont deux, CD55 et CD59, sont essentielles à la protection des cellules sanguines contre l'activité lytique du complément2.

La mutation de ce gène empêche ou limite la synthèse normale de l’ancre GPI. Il en résulte un déficit, partiel ou total, en CD55 et CD59 à la surface des cellules sanguines : leucocytes, plaquettes et plus particulièrement érythrocytes. Ces derniers présentent alors une sensibilité anormale à l’activité lytique du complément à l’origine de l’hé­molyse intravasculaire caractéristique de la maladie1, 2.

L’HPN peut survenir de novo, mais aussi fréquemment dans le cadre d’une insuffisance médullaire comme une aplasie médullaire2, 3.

L’HPN se caractérise par une évolution progressive et chronique, pouvant mettre en jeu le pronostic vital2.

L’HPN est une maladie rare dont la prévalence est de 16 cas/million4. Cette prévalence est compa­rable chez l'homme et la femme5.

Une population d'adultes jeunes

Les patients atteints d’HPN sont principalement de jeunes adultes. Au moment du diagnostic, l’âge médian est de 33 ans (de 6 à 82 ans)6.

La médiane de survie suivant les différentes étu­des est de 10 à 22 ans après le diagnostic5, 6, 7.

Courbe de Kaplan-Meier de la survie après le diagnostic d’une HPN

chez 454 patients du registre de la Société Française d’Hématologie5 

Survie à 10 ans 75+-3%
Kaplan-Meier 

Dans le registre de la Société Française d’Héma­tologie (SFH) portant sur 454 patients entre 1950 et 2005, 25 % des patients atteints d’HPN décédaient dans les 10 ans5.

La thrombose est la principale cause de morta­lité : 40 à 67 % des décès sont dus aux complications thrombotiques de la maladie. Les sites de prédilection des thromboses sont des sites veineux : les veines sus-hépatiques (syndrome de Budd-Chiari), les veines cérébrales, les veines mésentériques, les veines rénales7, 8

Enfants et HPN

L’HPN peut survenir chez les enfants. Le tableau clinique ne diffère pas de celui de l’HPN chez l’adulte, associant signes d’hémolyse, insuffisance médullaire et accidents thromboemboliques1.

Les Hommes de l’hpn2, 9, 10 En 1866, Sir William Gull établit pour la première fois une description clinique claire et détaillée de l’HPN. Il décrit une « hématurie intermittente » chez un patient anémique. En 1882, le Dr Paul Strübing reconnaît le pigment dans les urines comme étant de l’hémoglobine, et nomme cette manifes­tation Hémoglobinurie paroxystique. Cette maladie a été ignorée jusqu’à ce que Marchiafava relate un cas en Italie 29 ans plus tard. En 1931, Micheli publie de plus amples informations et utilise le terme de « splenomegalic haemolytic anaemia with haemoglobinuria and haemosiderinuria, Marchiafava-Micheli type », d’où a été tiré le nom de maladie de Marchiafava-Micheli. Au début du xxe siècle, Van der Berg a démontré que les érythrocytes des patients atteints d’HPN lysaient en présence de sérum acidifié, et a suspecté l’action du complément dans cette lyse anormale. En 1944, Sir John Dacie remarque l’association possible avec une aplasie et suggère que l’HPN est une maladie clonale touchant les cellules souches hématopoïétiques. Aujourd’hui, nous savons que cette appellation « HPN » ne définit pas correctement la maladie. En réalité, il s’agit d’une hémolyse intravasculaire chronique, qui peut se manifester, entre autres, par des crises d’hémo­globinurie (cf. chapitre 3 « Sémiologie »).

En synthèse

  • . L’HPN est une maladie rare, progressive et chronique, pouvant mettre en jeu le pronostic vital des patients.
  • . L’HPN touche principalement des adultes jeunes.
  • . Les thromboses sont la principale cause de décès.

la comparaison interlaboratoire

L'observatoire national des clones HPN

logo-AFC-petit